Politiques et médias : je t’aime moi non plus

Les attaques des véhicules de RTL et d’Europe 1 à Bobigny, les exemplaires du Canard Enchainé déchirés lors d’un meeting de Fillon ou l’agression d’un journaliste télé lors d’un rassemblement FN, autant d’éléments qui illustrent de véritables symptômes de défiance à l’égard des journalistes français. De plus, le candidat des Républicains, François Fillon, heurté par les révélations sur les salaires de son épouse, a choisi parmi ses actes de défense, d’accuser la presse de « lynchage » et de voir dans la médiatisation de ces révélations un « tribunal médiatique », contribuant ainsi à généraliser la défiance. Cette rhétorique était il y a peu de temps monopolisée par l’extrême-droite.

Cette situation explique les nouvelles pratiques politiques, de plus en plus affranchies des médias. L’exemple d’Emmanuel Macron, qui a préféré démentir la rumeur de sa liaison avec Mathieu Gallet, hors média, sur le ton de l’humour lors d’un meeting réduit. Sans parler des chaines Youtube de Florian Philippot et de Jean-Luc Mélenchon qui créent ainsi leurs propres médias. Enfin, certains personnages politiques se tournent désormais vers des médias alternatifs, comme le député Nicolas Dhuicq, qui a préféré le média de propagande russe Sputnik, pour lancer ses accusations contre le candidat du mouvement « En Marche ». La transformation des usages médiatiques accompagne une évolution de la communication politique qui s’affranchit de plus en plus des médias traditionnels et de la figure du journaliste à qui revient pourtant la tache d’éditorialiser l’information.