Editorial

« Puisque ce désordre nous échappe, feignons d’en être l’organisateur » (Cocteau)

Il semblerait que la présidentielle de 2017 soit placée sous le signe de l’incertitude dont elle s’amuse à égrener les paradigmes, déjouant ainsi tous les pronostics.

Pour les électeurs, les candidats sont encore incertains : Yannick Jadot et François Bayrou ne se sont pas encore prononcés à cette heure. Pour les candidats, les programmes sont encore incertains : « La crise oubliée » nous démontre que les candidats s’approprient difficilement le terrain social dans ce qu’il a de plus concret.

L’incertitude pèse également sur l’issue dans l’affaire qui hante le candidat François Fillon.

Cette incertitude qui marque la campagne est exacerbée par la perte des repères à l’international : le Brexit, l’élection de Donald Trump, la nouvelle diplomatie russe.

Or, l’incertitude est une des caractéristiques majeures des crises, qui déstabilisent. La crise déstabilise politiquement : « la communication de crise selon Fillon » montre qu’un candidat majeur peut être remis en cause. Il ne faut pas oublier son impact sur les médias ; « Politique et médias : je t’aime moi non plus »  nous dit que la défiance envers les médias se normalise.

En lançant l’Observatoire en campagne, notre parti pris est de suivre la campagne présidentielle de 2017 sous l’angle des crises, de leur gestion, des axes de communication des parties prenantes. En suivant leur traitement médiatique, nous tenterons de comprendre leur place dans la société française et leur appréhension par les candidats.

Natalie Maroun